Madame le Maire de Lille
Tout d’abord, nous tenons à vous remercier, ainsi que votre administration, de nous avoir attribué un local.
Nous souhaiterions désormais qu’il puisse être équipé (mobilier, ordinateur, photocopieur, téléphone...), afin qu’il nous soit possible de travailler dans de bonnes conditions.
Comme vous l’aurez noté, la section syndicale Sud CT de la Mairie de Lille, représente, aujourd’hui, une partie de plus en plus conséquente des personnels de la mairie de Lille (2 élus au CA du COS, 15 à 45% des voix selon les collèges...), en conséquence de quoi nous demandons à être associés à toutes les réunions mobilisant l’administration et les Organisations Syndicales (à l’exception, bien entendu, des instances paritaires pour lesquelles, il n’a pas été permis à nos candidat-e-s de se présenter aux suffrages de leurs collègues, notre organisation ayant été jugée à cette époque, peut être un peu trop rapidement, non représentative).
Nous aurions dû être légitimement conviés par l’administration à la réunion concernant le conflit dans les services de la DAE du 18 Novembre 2009.
Nous y avons été invités par d’autres organisations syndicales, soucieuses de démocratie et du pluralisme syndical.
Notre représentant n’y étant pas officiellement invité, n’y a pas pris la parole.
Nous tenons cependant, par ce courrier, à vous faire part d’un certain nombre de remarques concernant cette réunion importante.
Bien entendu, nous ne partageons pas l’idée que « ce blocage et ce type de grève [perlée] soit inacceptable, [ni que] cela remette en cause le Service Public » comme il a pu être dit lors de cette réunion.
Nous ne nous attarderons par sur ces allégations (la grève bloque le service public), qui sont pour nous d’une autre époque et qui ne font pas avancer les négociations : toutes les organisations syndicales présentes en mairie, défendent le Service Public, ce qui ne repose pas sur la défense du statut, mais s’entend d’abord sur une qualité de services rendus à nos concitoyens.
La plupart d’entre-elles sont complètement acquises à la notion de service public de la Petite Enfance et de l’Enfance.
Rappelons que notre syndicat, SUD-CT, comme la CGT, a refusé de signer le protocole d’accord en l’état, notamment parce que le Service Public n’y était pas assez promu et défendu...
Pour nous, le développement des modes d’accueil collectifs, diversifiés, organisés au sein d’un véritable service public de la petite enfance et de l’enfance, est le meilleur moyen de répondre aux attentes des parents et aux besoins des enfants.
Il s’agit d’assurer la disponibilité et la tranquillité des premiers pour l’insertion et / ou l’activité professionnelle, tout en garantissant, dès le plus jeune âge, l’accès des seconds à l’éducation : tels sont les moyens d’une lutte efficace contre les inégalités sociales et culturelles.
Vous ne l’ignorez pas, l’échec des politiques gouvernementales, illustré par des effets d’annonce en perpétuelle régression replace les collectivités territoriales et les Associations devant leurs responsabilités. Sur la seule question des moyens d’accueil de la Petite Enfance, de 400 000 offres de gardes supplémentaires promises sur 5 ans en 2007, les objectifs annoncés ont été réajustés à 200 000 en janvier dernier, puis à 100 000 en avril 2009.
Sous-estimer cette question revient à ne pas comprendre comment les villes changent, évoluent, et à nier les exigences légitimes et croissantes de nos concitoyens quand il s’agit des services à rendre à leurs enfants.
A Lille, l’emploi salarié des femmes a augmenté de près de 15 % entre 1999 et 2006 devenant même majoritaire. La qualité des modes d’accueil proposés est donc devenue pour les grandes métropoles un gage d’attractivité et d’égalité des chances !
C’est pourquoi, devant une situation qui n’a que trop duré, nous partageons l’idée, émise par le Directeur Général des Services de la nécessité d’apporter des ajustements rapides au fonctionnement des services mis en place par la ville sur l’ensemble des modes d’accueil de l’Enfance.
Il est dommage que cette situation n’ait pu être résolue auparavant par la négociation autour d’un vrai projet, d’un plan local, comme il en fut sur d’autres sujets quand il a fallu pallier les carences de politiques de l’Etat (Insertion, RMI, emplois-jeunes, etc…), dès que furent connus les nouvelles orientations gouvernementales, mettant à mal, par exemple, les Contrats Enfance et Petite Enfance, le redéploiement des politiques d’accueil vers le privé et le transfert des charges du service minimum.
Nous avons bien noté également que le Document d’Orientation Budgétaire 2010 place en premier objectif les politiques municipales en direction de l’enfance et de la Jeunesse et la volonté de notre administration de permettre aux intérimaires de « voir venir » sur du long terme, en ayant une embauche qui courre de Septembre à Juin. Nous doutons cependant de la possibilité d’asseoir réellement, et de manière stable, une prestation de service public en matière d’accueil de l’enfance qui ne reposerait que sur une politique d’embauche en intérim, même de long cours. Comment intéresser des agents à leur métier si on les condamne à la précarité perpétuelle ?
Nous demandons donc une titularisation bien plus rapide pour les agents concernés. Il n’est pas forcément nécessaire d’envisager une « période d’essai » longue de 9 mois, qui correspondrait à de l’intérim prolongé... Nous demandons que soit étudiée la possibilité d’un réel contrat proposé dès la première année, avec formation et intégration à la clé.
Nous sommes persuadés, qu’une telle politique de ressources humaines intégrée à un plan local de la politique de l’enfance résorberait les effets pervers (absentéisme) redoutés et néfastes à l’image de la ville, induits par cette instabilité subie.
Certes la situation générale n’est pas facile pour les collectivités territoriales et la ville ne peut se substituer à elle seule à l’Etat, mais nous avons déjà montré dans notre histoire qu’ensemble nous avons pu en pallier les carences, en attendant des jours meilleurs.
Nos camarades de la CGT et les personnels concernés par l’accueil des enfants ont été obligés de mobiliser la grève, légale et de droit, pour se faire entendre et attirer votre attention. Nous en sommes Solidaires.
Le fait de grève n’est jamais anodin, comme vous le savez. La grève n’est jamais faite par plaisir et elle coûte à tout le monde. Elle dit, elle énonce, forcément quelque chose.
Nous attendons, dès lors, avec beaucoup d’espoir, le détail des propositions écrites qui seront faites et les avis qui seront émis par les élus au CTP de Décembre.
Vous remerciant de l’intérêt porté à nos demandes, nous vous prions de croire, Madame le Maire, en nos respectueuses salutations.
Les adhérent-e-s de la section
SUD-CT Mairie de Lille

Copies à : M. Gérard Dumont, DGS
M. Claude Parisse, DRH
Sections locales des Organisations Syndicales CFDT, CGT, FO, UNSA
Cette lettre sera diffusée par voie d’affichage aux agents de la ville de Lille.